Gacqueurs,
gacqueuses de toutes les régions, unissons-nous. Aidons les petits
producteurs fermiers et artisans à vivre de leur production. Luttons
ensemble contre les bactéries pathogènes et la bureaucratie de
l'Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne
alimentaire - http://www.afsca.be/apropos/).
Au
début du mois d'avril 2015, Jean-Claude Noël et son épouse
Mireille procèdent à des auto-contrôles sur leur production de
fromage. Pour la moitié de celle-ci, ils découvrent avec
stupéfaction la présence de la bactérie Listeria monocytogenes.
Appliquant le principe de précaution, ils décident d'interrompre
immédiatement leurs livraisons. Aucun des fromages contaminés ne
sera vendu aux magasins, aux GAC ou en vente directe. La
contamination provient d'un producteur de lait en relation avec la
bergerie. Informée par Jean-Claude, l'Afsca mène une opération de
contrôle dans sa ferme et ordonne la destruction de 220 kg de
fromage à base de lait cru de brebis sur les 250 produits. Un coup
dur. Si Jean-Claude ne conteste pas cette décision, il s'indigne de
l'interdiction qui lui est faite de vendre ses fromages de chèvre.
L'Europe
et l'Afsca
Lors
de l'émission diffusée le 26/05/14 sur Televesdre "Au coeur du
débat : les petits producteurs ont-ils encore leur place en Europe
?"
(http://www.televesdre.eu/www/au_coeur_du_debat_les_petits_producteurs_ont_ils_encore_leur_place_en_europe_diffuse_le_26_05_2015_-86932-999-144.html),
Jean-Claude tient à préciser qu'il ne s'oppose pas aux contrôles
de l'Afsca. Si un petit producteur veut s'en sortir, dit-il, il a
tout intérêt à faire de la qualité, ce qui implique aussi de
garantir la sécurité alimentaire. Selon lui, il ne fait cependant
aucun doute que ses fromages de chèvre auraient pu être vendus sans
compromettre la santé du consommateur. Le taux de Listeria présent
dans ceux-ci est en effet bien en-deçà des normes imposées par le
règlement européen 2073/2005... qui accepte un maximum de 100
unités/gramme alors que les fromages incriminés n'en contiennent
que 10/gramme. Jean-Claude estime qu'en ne tolérant aucune présence
de Listeria, l'Afsca interprète abusivement le règlement européen
et fait le jeu d'une agro-industrie érigeant en modèle la malbouffe
aseptisée. Il dénonce avec force le rôle de cette institution, sa
mauvaise communication et... l'autoritarisme effréné de certains de
ses contrôleurs.
Pour
une information plus détaillée, ne manquez pas de lire la lettre
ouverte du MAP (Mouvement d'Action Paysanne) sur
http://lemap.be/AFSCA, son
communiqué de presse rédigé en collaboration avec la FUGEA
(Fédération unie des groupements d'éleveurs et d'agriculteurs) sur
http://lemap.be/IMG/pdf/je_suis_paysan.pdf,
ce document de référence sur
http://www.amisdelaterre.be/IMG/pdf/2012.09_avec_et_sans_afsca.pdf
et ce petit extra sur
http://www.pour.press/fin-de-la-souverainete-agro-alimentaire/...
qu'il serait intéressant de soumettre à l'analyse, notamment, du
Comité scientifique de l'Afsca.
La
Listeria : une fatalité ?
Selon
Agrolab, un laboratoire de Battice
(http://www.comitedulait.be/agrolab.htm), les fourrages ayant moisi
suite à un été 2014 particulièrement humide peuvent expliquer le
développement inhabituel de la Listeria. Selon Jean-Claude, la
fatalité n'est pas la seule explication possible. Il rappelle que
les producteurs de lait n'ont pas l'obligation de faire des analyses
régulières de pathogènes. Si tel était le cas, les risques de
contamination et de destruction des produits laitiers dans leur
ensemble seraient considérablement réduits. Pour permettre des
analyses plus fréquentes, estime Jean-Claude, il faut en réduire le
coût pour chaque producteur. Comment ? Soit le producteur établit
un contrat avec un laboratoire, contrat impliquant un nombre minimum
d'analyses et des tarifs préférentiels, soit les producteurs se
regroupent pour mutualiser les coûts (prise en charge collective).
Happy
end ?
Jean-Claude
et Mireille ont "travaillé dur" dans leur bergerie. Mais
ils l'ont fait avec passion pendant plus de 20 ans. Aujourd'hui, ils
sont partagés entre la fierté d'avoir créé des produits de
qualité et l'amertume suscitée par la destruction injuste d'une
part de leur production. C'est dans ce contexte, mais aussi parce
qu'ils ne sont plus tout jeunes, qu'ils prennent la décision de
"passer la main" à Delphine et… Delphine, deux jeunes
femmes éprises du métier de fromager.
Delphine
et Delphine
Delphine
Bertram, 38 ans, est originaire de Sprimont et réside à Fraiture
(Sprimont). Passionnée par les animaux, elle décide d'ouvrir un
salon de toilettage canin. Elle est indépendante depuis 5 ans. Elle
s’intéresse aussi, depuis longtemps, à l'artisanat de bouche.
Elle découvre l'existence de Jean-Claude dans l’émission « La
clé des champs » et le rencontre pour la première fois sur un
marché artisanal à Botrange. Le berger l'invite alors à découvrir
sa bergerie... Aujourd’hui, cela fait deux ans que Delphine y
apprend les ficelles du métier.
Delphine
Crepin, 28 ans, est originaire de Romsée et réside à Rahier
(Stoumont). Psychologue de formation, elle travaille actuellement
dans un Service d’Aide à L’Intégration. Parmi ses autres
centres d'intérêt : la nature, l'autonomie alimentaire et
l'artisanat de bouche. Lorsqu'elle s'apprête à intégrer une ferme
école de l'EPI
(http://agriculture.wallonie.be/BG/1303FormationsFermesEPI-Red.pdf),
elle rencontre Jean-Claude au Festival FroBiPain à Marcourt. Le
berger l'invite alors à découvrir sa bergerie... Aujourd'hui, cela
fait 6 mois que Delphine s'y forme.
Dans
la fromagerie…
Tous
les lundis, Jean-Claude et ses «Delphinettes» se retrouvent pour
faire du fromage dans une ambiance très conviviale. Le trio est
manifestement heureux et soudé.
Les
deux Delphine, pleines de rêves, parlent de s’associer dans un
avenir assez proche. Le projet de créer une fromagerie puis une
boulangerie à Rahier est de plus en plus sérieusement évoqué.
Survient la contamination de la listeria. Jean-Claude prend la
décision d'arrêter son activité mais propose sans tarder aux deux
candidates-fromagères de la reprendre. Ni une ni deux, celles-ci
acceptent.
Actuellement,
Delphine et Delphine attendent l’autorisation de l'Afsca pour
redémarrer l'entièreté de la production. Pour satisfaire aux
demandes de l'agence (demandes faisant suite à la contamination et
imposant de nouveaux aménagements) mais aussi pour assurer la
continuité de l'activité (certains fromages doivent être affinés
en cave pendant 6 à 8 mois), nous pouvons soutenir Delphine et
Delphine en continuant à consommer leurs fromages hors norme (sur le
plan gustatif il va sans dire), en en parlant autour de nous ou
mieux, en les savourant avec des amis.
Delphine
et Delphine sont aussi à la recherche de fonds. Dans l'immédiat,
nous pouvons leur verser des euros en espèces silencieuses et
solidaires sur le compte IBAN BE28 0631 1599 1120 (adresse
bénéficiaire : Aux Del'ices d'Autrefois, rue Ma Campagne, 40, 4820
Dison; merci d'indiquer, en communication, « nom et prénom - don de
soutien »).
Delphine
et Delphine réfléchissent aussi à la forme juridique de la
bergerie en devenir (coopérative, etc.). Réponse dans les prochains
mois. En attendant, elles ont déjà pensé à un nouveau nom : «
Les Del’ices d’Autrefois ».
Que
la force soit avec elles.
Christophe,
GAC du Laveu.
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