lundi 15 juin 2015

Affaire "Listeria" : appel au soutien de la Bergerie des Aris, productrice de fromages de chèvres et de brebis (http://bergeriedesaris.extra-flash.be/)

Gacqueurs, gacqueuses de toutes les régions, unissons-nous. Aidons les petits producteurs fermiers et artisans à vivre de leur production. Luttons ensemble contre les bactéries pathogènes et la bureaucratie de l'Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire - http://www.afsca.be/apropos/).

Au début du mois d'avril 2015, Jean-Claude Noël et son épouse Mireille procèdent à des auto-contrôles sur leur production de fromage. Pour la moitié de celle-ci, ils découvrent avec stupéfaction la présence de la bactérie Listeria monocytogenes. Appliquant le principe de précaution, ils décident d'interrompre immédiatement leurs livraisons. Aucun des fromages contaminés ne sera vendu aux magasins, aux GAC ou en vente directe. La contamination provient d'un producteur de lait en relation avec la bergerie. Informée par Jean-Claude, l'Afsca mène une opération de contrôle dans sa ferme et ordonne la destruction de 220 kg de fromage à base de lait cru de brebis sur les 250 produits. Un coup dur. Si Jean-Claude ne conteste pas cette décision, il s'indigne de l'interdiction qui lui est faite de vendre ses fromages de chèvre.

L'Europe et l'Afsca

Lors de l'émission diffusée le 26/05/14 sur Televesdre "Au coeur du débat : les petits producteurs ont-ils encore leur place en Europe ?" (http://www.televesdre.eu/www/au_coeur_du_debat_les_petits_producteurs_ont_ils_encore_leur_place_en_europe_diffuse_le_26_05_2015_-86932-999-144.html), Jean-Claude tient à préciser qu'il ne s'oppose pas aux contrôles de l'Afsca. Si un petit producteur veut s'en sortir, dit-il, il a tout intérêt à faire de la qualité, ce qui implique aussi de garantir la sécurité alimentaire. Selon lui, il ne fait cependant aucun doute que ses fromages de chèvre auraient pu être vendus sans compromettre la santé du consommateur. Le taux de Listeria présent dans ceux-ci est en effet bien en-deçà des normes imposées par le règlement européen 2073/2005... qui accepte un maximum de 100 unités/gramme alors que les fromages incriminés n'en contiennent que 10/gramme. Jean-Claude estime qu'en ne tolérant aucune présence de Listeria, l'Afsca interprète abusivement le règlement européen et fait le jeu d'une agro-industrie érigeant en modèle la malbouffe aseptisée. Il dénonce avec force le rôle de cette institution, sa mauvaise communication et... l'autoritarisme effréné de certains de ses contrôleurs.

Pour une information plus détaillée, ne manquez pas de lire la lettre ouverte du MAP (Mouvement d'Action Paysanne) sur http://lemap.be/AFSCA, son communiqué de presse rédigé en collaboration avec la FUGEA (Fédération unie des groupements d'éleveurs et d'agriculteurs) sur http://lemap.be/IMG/pdf/je_suis_paysan.pdf, ce document de référence sur http://www.amisdelaterre.be/IMG/pdf/2012.09_avec_et_sans_afsca.pdf et ce petit extra sur http://www.pour.press/fin-de-la-souverainete-agro-alimentaire/... qu'il serait intéressant de soumettre à l'analyse, notamment, du Comité scientifique de l'Afsca.

La Listeria : une fatalité ?

Selon Agrolab, un laboratoire de Battice (http://www.comitedulait.be/agrolab.htm), les fourrages ayant moisi suite à un été 2014 particulièrement humide peuvent expliquer le développement inhabituel de la Listeria. Selon Jean-Claude, la fatalité n'est pas la seule explication possible. Il rappelle que les producteurs de lait n'ont pas l'obligation de faire des analyses régulières de pathogènes. Si tel était le cas, les risques de contamination et de destruction des produits laitiers dans leur ensemble seraient considérablement réduits. Pour permettre des analyses plus fréquentes, estime Jean-Claude, il faut en réduire le coût pour chaque producteur. Comment ? Soit le producteur établit un contrat avec un laboratoire, contrat impliquant un nombre minimum d'analyses et des tarifs préférentiels, soit les producteurs se regroupent pour mutualiser les coûts (prise en charge collective).

Happy end ?

Jean-Claude et Mireille ont "travaillé dur" dans leur bergerie. Mais ils l'ont fait avec passion pendant plus de 20 ans. Aujourd'hui, ils sont partagés entre la fierté d'avoir créé des produits de qualité et l'amertume suscitée par la destruction injuste d'une part de leur production. C'est dans ce contexte, mais aussi parce qu'ils ne sont plus tout jeunes, qu'ils prennent la décision de "passer la main" à Delphine et… Delphine, deux jeunes femmes éprises du métier de fromager.

Delphine et Delphine

Delphine Bertram, 38 ans, est originaire de Sprimont et réside à Fraiture (Sprimont). Passionnée par les animaux, elle décide d'ouvrir un salon de toilettage canin. Elle est indépendante depuis 5 ans. Elle s’intéresse aussi, depuis longtemps, à l'artisanat de bouche. Elle découvre l'existence de Jean-Claude dans l’émission « La clé des champs » et le rencontre pour la première fois sur un marché artisanal à Botrange. Le berger l'invite alors à découvrir sa bergerie... Aujourd’hui, cela fait deux ans que Delphine y apprend les ficelles du métier.
Delphine Crepin, 28 ans, est originaire de Romsée et réside à Rahier (Stoumont). Psychologue de formation, elle travaille actuellement dans un Service d’Aide à L’Intégration. Parmi ses autres centres d'intérêt : la nature, l'autonomie alimentaire et l'artisanat de bouche. Lorsqu'elle s'apprête à intégrer une ferme école de l'EPI (http://agriculture.wallonie.be/BG/1303FormationsFermesEPI-Red.pdf), elle rencontre Jean-Claude au Festival FroBiPain à Marcourt. Le berger l'invite alors à découvrir sa bergerie... Aujourd'hui, cela fait 6 mois que Delphine s'y forme.

Dans la fromagerie…

Tous les lundis, Jean-Claude et ses «Delphinettes» se retrouvent pour faire du fromage dans une ambiance très conviviale. Le trio est manifestement heureux et soudé.
Les deux Delphine, pleines de rêves, parlent de s’associer dans un avenir assez proche. Le projet de créer une fromagerie puis une boulangerie à Rahier est de plus en plus sérieusement évoqué. Survient la contamination de la listeria. Jean-Claude prend la décision d'arrêter son activité mais propose sans tarder aux deux candidates-fromagères de la reprendre. Ni une ni deux, celles-ci acceptent.
Actuellement, Delphine et Delphine attendent l’autorisation de l'Afsca pour redémarrer l'entièreté de la production. Pour satisfaire aux demandes de l'agence (demandes faisant suite à la contamination et imposant de nouveaux aménagements) mais aussi pour assurer la continuité de l'activité (certains fromages doivent être affinés en cave pendant 6 à 8 mois), nous pouvons soutenir Delphine et Delphine en continuant à consommer leurs fromages hors norme (sur le plan gustatif il va sans dire), en en parlant autour de nous ou mieux, en les savourant avec des amis.

Delphine et Delphine sont aussi à la recherche de fonds. Dans l'immédiat, nous pouvons leur verser des euros en espèces silencieuses et solidaires sur le compte IBAN BE28 0631 1599 1120 (adresse bénéficiaire : Aux Del'ices d'Autrefois, rue Ma Campagne, 40, 4820 Dison; merci d'indiquer, en communication, « nom et prénom - don de soutien »).

Delphine et Delphine réfléchissent aussi à la forme juridique de la bergerie en devenir (coopérative, etc.). Réponse dans les prochains mois. En attendant, elles ont déjà pensé à un nouveau nom : « Les Del’ices d’Autrefois ».

Que la force soit avec elles.


Christophe, 
GAC du Laveu.

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