Communiqué de presse de Nucléaire Stop Kernenergie
Dimanche 15 février :
une 3° victoire…provisoire
Dimanche 15 février, le
réacteur de Doel 1 sera débranché du réseau comme prévu par la
loi de sortie du nucléaire de 2003, la fameuse loi Deleuze. Il
s’agit du troisième réacteur de production arrêté et d’une
troisième victoire pour le mouvement antinucléaire belge. C’est
déjà sous la pression de ce mouvement que les réacteurs de Tihange
2 et Doel 3 furent deux fois arrêtés, et sont encore à l’arrêt
aujourd’hui.
Les sceptiques diront que
ces réacteurs auraient été arrêtés, mouvement antinucléaire ou
non. Malheureusement, cette analyse n’est pas vraie. Si les
décideurs, politiques et économiques, faisaient preuve de bon sens
ou s’ils tenaient compte de l’opinion publique, tous les
réacteurs du monde auraient été arrêtés après la catastrophe de
Three Mile Island (1979). Sinon, après la catastrophe de Tchernobyl
(1986). Sinon après celle de Fukushima (11 mars 2011). Trois
catastrophes en 32 années : en moyenne une catastrophe tous les
onze ans pour environ 400 réacteurs en exploitation. Quand et où
aura lieu la catastrophe suivante ?
Chaque jour d’inactivité
d’un réacteur nucléaire diminue le risque d’accident. Chaque
jour d’inactivité d’un réacteur diminue d’autant la masse de
déchets nucléaires. Chaque jour d’arrêt est une petite victoire
de notre mouvement sur les puissances économiques et sur la caste
politique. Parce que chaque jour qu’un réacteur est à l’arrêt
coute aussi un million de bénéfice perdu (sic : €1.000.000)
à l’exploitant d’un réacteur tel que Tihange 2; un demi-million
pour Doel 1. Ce chiffre permet de mieux comprendre pourquoi la loi de
sortie du nucléaire a été remise en cause par le gouvernement Di
Rupo, plus particulièrement par la ministre Milquet et par son
secrétaire d’état Wathelet et est encore remise en cause par
l’actuel gouvernement Michel et plus particulièrement la ministre
Marghem.
L’Agence Fédérale de
Contrôle Nucléaire (AFCN) ne joue absolument pas son rôle. L’avis
de redémarrage de Tihange 2 et de Doel 3 qu’elle a délivré a été
démenti de façon cinglante par la deuxième mise à l’arrêt de
ces deux réacteurs dont la cuve est affaiblie par des milliers de
fissures. L’AFCN se dérobe aux critiques par retention nombreuses
informations, en refusant de répondre à de nombreuses questions,
dont celles de « l’Aachener Aktionsbündnis gegen
Atomenergie » et même à des demandes d’informations d’un
membre de son propre conseil d’administration, Kristof Calvo !
Cette agence, dont des traités exigent l’indépendance par rapport
aux exploitants, est dirigée par Jan Bens, qui a longtemps été un
cadre dirigeant d’Electrabel*.
Par élimination, il ne
reste que le mouvement antinucléaire, dans toutes ses composantes,
qui s’est engagé en faveur de la fermeture des trois réacteurs
et qui est donc aujourd’hui le vainqueur de ces trois matchs. Mais
gagner trois matchs ne suffit pas pour gagner le championnat. Ces
trois victoires sont provisoires. Nous avons appris que même une loi
signée par une large coalition gouvernementale, que même des
dizaines d’années de lobbying, d’information et de
conscientisation du public, d’actions d’éclat réussies ne
suffisent pas pour sortir la Belgique du nucléaire. Ce gouvernement
est en train de rédiger une nouvelle loi qui permettra le
redémarrage de Doel 1, pendant qu’Electrabel est en train de
triturer les résultats des tests constatant les milliers de fissures
de Tihange 2 et Doel 3, dont le nombre vient d’augmenter de 60% !
-pour obtenir le redémarrage de ces deux réacteurs dont les cuves
sont profondément endommagées. Ce gouvernement a même inscrit un
possible 8° réacteur nucléaire dans son programme !
Seul un mouvement de
masse solide et persistant pourra forcer la sortie du nucléaire. Le
pas suivant vers la construction de ce mouvement pacifique, créatif
et déterminé se fera à Tihange le dimanche 15/3/2015. Soyons
nombreux pour marcher de Huy à Tihange!
*http://www.joellemilquet.be/wp-content/uploads/2012/11/cv_jan_bens1.pdf

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