dimanche 21 décembre 2014

Le gouvernement veut-il faire travailler les centrales nucléaires jusqu’à 67 ans ?

 

 

19 Décembre 2014

auteur: 

Service de presse du PTB

Le gouvernement a annoncé vouloir prolonger de dix ans l’ouverture de vieilles centrales nucléaires, en échange d'une réduction de la taxe nucléaire. « Je crois que le gouvernement veut faire travailler les centrales nucléaires jusqu'à 67 ans… » a ironisé le député fédéral du PTB Marco Van Hees au Parlement. Tom De Meester, spécialiste énergie du PTB, parle lui d’une « soumission inacceptable devant GDF Suez ».
« Une soumission devant Electrabel ». C'est ainsi que Tom De Meester, spécialiste de l'énergie du PTB, définit la décision du gouvernement Michel-De Wever de maintenir ouvertes dix ans de plus les centrales nucléaires de Doel 1 et 2. « Nous jouons avec le feu. Maintenir plus longtemps en fonctionnement ces réacteurs usés, c'est tout simplement jouer à la roulette russe. À la différence près qu'ici, c'est la population qui assume le risque, alors qu'Electrabel et compagnie, eux, empochent les bénéfices. »
« Les centales nucléaires sont amorties depuis des lustres et rapportent à Electrabel des centaines de millions d'euros suplémentaires. Un beau cadeau de Noël de la part du gouvernement Michel-De Wever aux actionnaires de GDF Suez. Pendant ce temps, le 1er janvier, les ménages vont voir leur facture d'énergie augmenter de 11 %, voire même de plus de 30 %, puisque le gouvernement flamand fait payer à la population la facture de l'électricité verte. Un gouvernement qui choisit le camp du lobby nucléaire et qui laisse la population en plan n'a plus aucune légitimité démocratique. C'est le gouvernement de GDF Suez, pas celui de la population. »
Le marchandage autour des centrales nucléaires bloque non seulement la mise sur pied d'une production d'énergie durable, mais sape également la démocratie, explique Tom De Meester. Electrabel ne veut maintenir Doel 1 et 2 ouvertes plus longtemps que si l'on crée « un cadre économique et juridique stable » et annonce également que « la rente nucléaire, elle aussi, devra être discutée ». « Un arrangement des plus louches se prépare, craint Tom De Meester. Dans une démocratie, c'est le Parlement, qui fait les lois, et non GDF Suez. Le temps de la Pax Electrica est revenu : des petits accords négociés en coulisse, en lieu et place d'un processus décisionnel démocratique. Il est incompréhensible que le Parlement se laisse à ce point mener par le bout du nez. Quoi qu'il en soit, les parlementaires du PTB s'y opposeront avec véhémence. »
Le PTB ne veut pas entendre parler d'une diminution de la rente nucléaire : « Tout cela, c'est du bénefice en plus pour Electrabel. Alors qu'Electrabel et compagnie refusent depuis des années d'investir dans des centrales électriques, pourtant dramatiquement nécessaires, et qu'ils ne peuvent même pas garantir qu'il y aura encore de la lumière cet hiver. Et alors même que les prix de l'énergie augmentent pour les ménages, le gouvernement choisit de permettre à Electrabel de faire plus de profit encore. C'est le monde à l'envers. »
« Au lieu de réduire la taxe sur le nucléaire, nous devons écrémer davantage, explique Tom De Meester. Même en tenant compte des centrales abandonnées, les bénéfices du nucléaire s'élèvent à 830 millions d'euros en 2014 et dépasseront le milliard d'euros en 2015. Combien de temps allons-nous continuer à accepter le chantage d'Electrabel et compagnie ? Comment le gouvernement explique-t-il que les investissements en production d'énergie durable restent à la traîne, alors que, chaque année, des centaines de millions d'euros du nucléaire disparaissent dans les coffres bancaires de GDF Suez et de ses actionnaires ? »
Le PTB veut que les faramineux bénéfices des centrales nucléaires amorties soient utilisés pour des nouveaux investissements en énergie durable et en centrales à gaz flexibles. « Il n’est pas acceptable que, pendant des années, Electrabel et compagnie continuent à toucher des bénéfices alors que, pendant ce temps, les consommateurs sont confrontés à des pannes de courant et doivent sans cesse payer plus pour de l'électricité verte. Si Electrabel ne veut pas plier, nous devons natrionaliser les centrales nucléaires. C'est en plus qu'assez. »

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